Piano  solo 

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Or Solomon’s piano playing sensitively expresses the breath in a spoken word. Through his elegance and virtuosity, a dialogue emerges, and experimentation deepens the conversation, down to the meaning of each word.

 Or is also an outstanding improviser, sure of his art. His improvisations never stray from the composition. He is obsessed with binding his music to a structure, a set, a harmony, a loop, to the birth of a whole forest, seizing powerful images. His notes and melodic phrases are all languages, words and colors.

 The spatial construction of his "Meditations" (his series of recorded improvisations) owes much to the visual arts. Solomon vigorously paints a whole range of sonic imagery, a panorama of melodic and colourful fields, a bestiary of mythological animals, of sudden thoughts, of instinctual impulses. In his stories, one is never too far from mythical parables.

 His art is close to abstract expressionism, sending us straight back to the innocence and cruelty of dreams. He improvises by composing instrumental pieces that invent new forms, new kinds of ‘songs’. Whether he is an accompanist, soloist, improviser, or arranger, Or Solomon maintains a strong connection with popular composition, the one we might hum or appropriate, one that belongs to us. But he doesn't write songs in their usual format. He writes something else. Reinvented each time. Or Solomon is someone we can allow ourselves to call a pioneer of the ‘improvised song’.

 

—Frédéric Nevchehirlian

Pictures by Olivier Longuet

Pictures by Olivier Longuet

Le jeu de piano d'Or Solomon traduit de façon sensible le souffle de la parole, l'incite au dialogue, l'éprouve au point de la rendre plus profonde, tant par son élégance et sa virtuosité, que par sa conversation avec le sens de chaque parole. On a découvert sa façon si singulière de se mettre au service de la voix, de disparaître, se glisser, s'éteindre et éclairer de sa discrétion.

Or est aussi un improvisateur hors pair, sûr de son art. Ses improvisations ne s'éloignent jamais de la composition. On pressent chez lui l'obsession à se lier à une structure, à un ensemble, à une construction, une harmonie, une boucle, à un début de forêt, à une image forte. Prégnante. Ses notes, ses phrases mélodiques sont autant de langages, de paroles, de mots que des couleurs.

La construction spatiale de ses "Méditations" (titre qu'il donne à une série d'improvisations enregistrées) doivent beaucoup aux arts plastiques. Or Solomon peint avec ardeur et importance toute une imagerie sonore, un panorama d'aplats mélodiques et colorés, un bestiaire peuplée d'animaux mythologiques, de pensées soudaines, de pulsions instinctives. On n'est jamais loin dans ses récits des paraboles mythiques.

Son art, proche de l'expressionnisme abstrait, nous renvoie sans détour à l'innocence et la cruauté des rêves. Il improvise en composant des pièces instrumentales qui inventent des formes nouvelles, sortes de "chansons". Dans son jeu, qu'il soit accompagnateur, soliste, improvisateur, ou arrangeur, Or Solomon entretient un lien très fort avec la composition populaire. Celle que l'on fredonne. Que l'on s'approprie. Qui nous appartient. Mais pas une chanson dans son format habituel. Autre chose. Réinventé à chaque fois. Or Solomon est, ce que l'on peut s'autoriser à appeler, un pionnier de "la chanson improvisée".

Frédéric Nevchehirlian